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C’était en avril 2008 : 2 mois après avoir rendu un manuscrit de 300 pages, je réalisais un montage d’un documentaire avec le journaliste franco-SénégalaisKhalifa Diakité à Lyon. Soudain, un message de mon éditeur atterri sur mon répondeur. « On ne peut pas publier votre livre, c’est très compliqué, je vous rappelle ». Jean-Marc Roberts, directeur de Stock, vient de signer l’arrêt de mon aventure en Afrique qui a duré 2 ans et demi, dont 4 mois passés sur le continent noir. Je repasse dans ma tête les épisodes de ce périple qui m’a fait vibré et parfois tremblé. Au risque de ma vie. Je me remémore les 3 semaines d’enquête, très tendues à Brazzaville. <o:p></o:p>
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En 24 heures j’ai été menacé de mort par un militaire, séquestré pendant un après-midi au Sénat et agressé par un policier de Sassou N’Guesso. Quelques jours plus tard mon éditeur justifie son auto censure : « J’ai peur de Sarkozy, du Ministère de l’Intérieur et de la saisie du livre à sa sortie ». 4 mois plus tard le JDD lui consacrera une page avec ce titre : « Jean-Marc Robert, l’homme enfant ». Tout est dit. Ou presque. Stock est l’une des plus anciennes maisons d’Edition de Paris. 3 siècles d’existence ont jalonné l’histoire de la littérature de France et d’une partie du monde. Cette vénérable maison publie surtout de la littérature et elle est dirigée avec douceur loin des prises de risques éditoriales. <o:p></o:p>
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Arnaud Lagardère en est le propriétaire, c’est un proche de Sarkozy. Le manuscrit dénonce, entre autre, les agissements souterrains et criminels de la France en Afrique ; depuis Charles de Gaulle jusqu’à Nicolas Sarkozy. Il était alors impossible d’éditer chez un proche du pouvoir. Ce coup de massue m’a été difficile à digérer. Le patron de Stock a dépensé plusieurs milliers d'euros dans l’aventure pour rien. Il m’a payé les voyages et les avances des droits d’auteur de manière réglementaire. Il lui a juste manqué le courage. D’autant qu’il était en possession d’une bonne partie du manuscrit depuis 1 an. Plusieurs mois après, je décide de réécrire l’enquête afin de prendre définitivement mes distances avec la maison Lagardère et de me réapproprier le livre à venir. J’ai perdu 18 mois pour être publié, j’ai gagné plusieurs années de compréhension sur les mécanismes pernicieux de la censure.
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Auteur : Denis de Mongolfier<o:p></o:p>
Publié le : 06 novembre 2008<o:p></o:p>
Rubrique : International.<o:p></o:p>
Source : http://mediapart.fr/club/blog/denis-de-montgolfier
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