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« infopage-afrique a pour objet, de vulgariser l'information et la formation, par conséquent, susciter le savoir et les débats, approfondir la réflexion, pour faire avancer l'afrique. »

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LE CABINET NOIR DES RENSEIGNEMENTS GENERAUX (RG) OU LES CLASSEURS D’UNE ENQUÊTE EXPLOSIVE.

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Une  affaire  à  scandale  révélée  par  Yves  Bertrand,  ancien  patron  des  renseignements  généraux et  propriétaire  d’un cabinet  noir  d’investigation  pourra  faire  des  émules  dans  l’avenir.  Côté  africain,  les  classeurs  de  Yves  Bertrand  soulignent,  Omar  Bongo  et  Pascal  Lissouba,  comme  étant  des  généreux  donateurs  qui  avaient  engraissés  quelques  personnalités  politique  françaises.  Indiscutablement,  Omar  Bongo  comme  dans  son  habitude,  a  toujours  arrosé  les  hommes  politiques  de  gauche  comme  de  droite,  selon  les  enquêtes,  mais  les  mêmes  enquêtes  épinglent  Pascal  Lissouba  d’avoir  financé  Noël  Mamère,  (le  militant  qui se  bat  aux  côtés  des  collectifs  contre  la  Françafrique  et  la  corruption),  pour  Noël  Mamère,  l’accusation  est  absurde,  et  qualifie  Yves  Bertrand : «  de  face  obscure  du  pouvoir  tentant  pour  contrer  son  combat  contre  la  France-Afrique ».  Appolinaire  Noël  KOULAMA,  vous  invite  à  lire  l’enquête,  ci-dessous,  inscrite  sur  les  carnets  personnels  de  l’ancien  patron  des  renseignements  généraux  (RG),  qui  seraient,  peut-être,  loin  d’être  des  simples  brouillons : <o:p></o:p>

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« Bongo remet 900 000 francs à X » (un important ministre socialiste) : c'est ce que l'on peut lire sous la plume d'Yves Bertrand, le 29 janvier 2001. Dans les carnets noirs du patron des Renseignements  généraux  (RG), le Père Noël s'appelle Omar Bongo. Celui qui distribue l'argent aux politiques, à droite comme à gauche. <o:p></o:p>

Peu importe que les informations qu'ils contiennent ne soient confortées par aucune preuve, les cahiers à spirale d'Yves Bertrand sont une boîte à poison qu'il suffit d'utiliser au bon moment pour paralyser l'adversaire. Mais depuis que Le Point a soulevé le couvercle, en révélant le contenu de ces carnets noirs, le 9 octobre 2008, une avalanche de plaintes risque de polluer la fin de carrière de celui qui a dirigé les Renseignements  généraux  (RG) pendant près de douze ans. Dans le sillage de Nicolas Sarkozy, l'homme d'affaires Jean-Noël Tassez a porté plainte, rejoint cette semaine par le député socialiste Arnaud Montebourg, lequel réclame une commission d'enquête parlementaire (lire Note  ci-dessous) [1] . Quant à Lionel Jospin, qui a violemment réagi dans nos colonnes la semaine dernière, il se réserve le droit d'en appeler à la justice. Dans ses carnets, le patron des Renseignements  généraux  (RG) avait habillé pour l'hiver Dominique Strauss-Kahn, l'actuel patron du FMI, n'hésitant pas à scruter sa vie privée et à imaginer des affaires de corruption. Comme avec l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua. <o:p></o:p>

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ARNAUD  MONTEBOURG  EN  LIGNE  DE  MIRE :  <o:p></o:p>

Pour ramener du « biscuit » sur le Tout-Paris, Yves Bertrand comptait sur son cabinet noir. Un groupe d'enquêtes réservées dont les membres apparaissent le long des pages. Cette poignée de fonctionnaires dirigée par le propre chef de cabinet de Bertrand était chargée des basses oeuvres. Autant de manipulations et de coups tordus que le patron des Renseignements  généraux  (RG) archivait soigneusement dans ses cahiers à spirale. Lorsque, en 2001, Yves Bertrand se passionne pour le député socialiste Arnaud Montebourg, qui vient alors de créer « l'association VIe République », c'est un commandant de police, membre de son cabinet noir, qui pêche des infos. Fin mai, Yves Bertrand consigne ainsi dans ses carnets à propos de Montebourg : « Avocat d'irréguliers marocains, a du fric, ouvre des cercles 6e dans tous les circons ». Dans Le Monde, Daniel Vaillant, ancien ministre de l'Intérieur socialiste, raconte que, lorsqu'il a voulu remplacer Bertrand par Pierre Debue, le président Jacques Chirac s'y est opposé, notamment à cause d'Arnaud Montebourg. « Le président m'a reçu. Il m'a dit : "Je ne connais pas ce monsieur Debue. Je n'ai pas confiance. Et, avec ce Montebourg qui me cherche des histoires, il n'en est pas question. " » Toujours est-il que de 2000 à 2003 le nom du virulent opposant à Jacques Chirac réapparaît une dizaine de fois dans les cahiers à spirale. Bertrand s'intéresse aussi à l'épouse du député : « Sa femme, Hortense de Labriffe, wer chez Christie », peut-on lire fin 2000. En clair, elle travaille chez Christie. Ou encore : « Montebourg complote contre les RG », puis « La cellule Montebourg s'étoffe », note en mai 2003 le patron des Renseignements généraux. Contrairement à d'autres personnalités épinglées dans les carnets, le député socialiste n'est gratifié d'aucune turpitude sexuelle. <o:p></o:p>

Un ancien commissaire des RG a raconté le fonctionnement de ce cabinet noir du patron des Renseignements  généraux  (RG). Dans une lettre-confession adressée le 10 avril 2003 au rival de Bertrand aux RG, Bernard Squarcini, aujourd'hui patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), ce commissaire décrit « un réseau très cloisonné de fonctionnaires et de journalistes travaillant dans l'ombre sans se connaître ». Tout en précisant que « les agents composant ce réseau étaient chargés de recueillir des renseignements à l'intention exclusive d'Yves Bertrand, soit parce qu'ils étaient impossibles à recueillir dans le strict cadre de l'institution, soit parce qu'ils étaient destinés à l'usage personnel du patron ». Le commissaire en question, Hubert Marty-Vrayance, a été révoqué de la police, non pour avoir travaillé dans le cabinet d'Yves Bertand, mais pour une affaire de « tricoche », la vente de renseignements piochés dans les fichiers de police. <o:p></o:p>

Dans les carnets d'Yves Bertrand, cet ancien commissaire occupe une place de choix. C'est à lui que Yves Bertrand, qui ne connaît rien au dossier corse et rêve de doubler le spécialiste maison, Bernard Squarcini, confie la mission de localiser Yvan Colonna. Au fil des pages, le berger corse est repéré au Venezuela puis en Auvergne ! C'est ce même Marty-Vrayance qui sera chargé par le chef du cabinet noir d'Yves Bertrand de faire publier un livre sur le passé trotskiste de Jospin. Un passé sur lequel Yves Bertrand tartine dès 2001. Ecrit par un journaliste indépendant, omniprésent dans les carnets à spirale d' Yves Bertrand, le livre sera finalement rétorqué par l'éditeur approché. Ce manuscrit dont Le Point s'est procuré une copie est annoté par le propre chef de cabinet du patron des Renseignements généraux. <o:p></o:p>

De nombreuses personnalités politiques de premier ordre ont eu les honneurs des carnets d'Yves Bertrand. Le Point peut ainsi révéler que François Bayrou apparaît plusieurs fois sous la plume du responsable des RG. La première fois en mars 2001 avec un ragot sur sa vie privée. L'informateur n'est autre que la commissaire Brigitte Henri, l'un des soldats de l'ombre d'Yves Bertrand, dont les initiales jalonnent les carnets. Par exemple lorsque Brigitte Henri  rapporte à son patron en décembre 2000 des éléments d'enquête sur la soeur du Premier ministre Lionel Jospin (Le Point n° 1882). Quelques mois plus tard, le graphomane des RG note : « C'est Borloo qui amène le fric occulte à Bayrou. » A l'automne de la même année, ce sont cette fois les chevaux de course du président du  MoDem qui intéressent Bertrand. Des calomnies que François Bayrou, joint  par Le Point, ne souhaite pas commenter, tout en rappelant qu'à la tribune de l'Assemblée il avait dénoncé avec véhémence, sur fond d'affaire Clearstream, la « République des officines ». <o:p></o:p>

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LES  CHEVAUX  DE  FRANCOIS  BAYROU :<o:p></o:p>

Peu importe la véracité de l'information, pourvu que le poison de la rumeur fasse son effet. Dans les carnets à spirale d'Yves Bertrand, l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing, le député UMP Alain Madelin ou l'actuelle ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, sont épinglés sans aucune preuve pour des magouilles financières. L'ex-grand maître du Grand Orient Alain Bauer se voit, lui, décrit comme « manipulé par une fille de la CIA ». Yves Bertrand surveille comme le lait sur le feu ce proche de Nicolas Sarkozy. <o:p></o:p>

En mars 1999, Yves Bertrand écrit que Pascal Lissouba, l'ancien président du Congo-Brazzaville, dont il indique le domicile à Paris, a « donné du fric à Noël Mamère ». Avec cette précision : « Il y a un an entre 3 et 6 MF. » Un peu plus loin, il ajoute : « 4 autres députés avaient bénéficié des largesses. » Contacté par Le Point, Noël Mamère a immédiatement fait le lien avec ses prises de position sur les pétroliers  et  les marchands d'armes qui attisaient  la  guerre civile au Congo-Brazzaville : «  A l'époque, j'étais l'un des plus critiques sur la politique menée par la France en Afrique. L'accusation est absurde, mais le ragot est une arme redoutable parce que celui qui l'entend se dit qu'il n'y a pas de fumée sans feu. » Et le député vert d'ajouter : « Yves Bertrand incarne la face obscure du pouvoir. Sous son règne les RG sont devenus l'officine officielle des ragots. » <o:p></o:p>

On aimerait croire, comme l'affirme Yves Bertrand, que ses cahiers à spirale ne sont que des brouillons. Sauf que le patron des RG y note scrupuleusement les enquêtes qu'on lui commande. Avec parmi les donneurs d'ordres Philippe Massoni, ancien préfet de police puis conseiller auprès de Jacques Chirac, ou encore Dominique de Villepin. Le premier a rencontré 14 fois le patron des RG entre 2001 et 2002, les seconds 33 fois…<o:p></o:p>

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Auteurs :  Jean-Michel  DECUGIS,  Christophe  LABBE,  et  Olivia  RECASENS<o:p></o:p>

Publié  le :  25  octobre  2008<o:p></o:p>

Rubrique :  International<o:p></o:p>

Source :  http://wwww.lepoint.fr<o:p></o:p>

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Note :<o:p></o:p>

[1]  Suite  à  cette  information  ci-dessus,  le  député  socialiste  Arnaud  Montebourg  vient  aussitôt  de  réagir  et  demande  l’ouverture  d’une  enquête judiciaire :

REACTION  DE  ARNAUD  MONTEBOURG,  DEPUTE  SOCIALISTE  DE  SAÔNE-ET-LOIRE<o:p></o:p>

Le député socialiste Arnaud Montebourg figure lui aussi dans les carnets noirs d'Yves Bertrand. Au nom du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, dont il est le numéro deux, il demande une commission d'enquête parlementaire pour faire la lumière sur cette affaire.<o:p></o:p>

« L'ampleur et la nature des informations recueillies font penser irrésistiblement à une petite Stasi à la française. Nous sommes face à une très grave affaire de forfaiture et de trahison. Un haut fonctionnaire, directeur de la police, a enquêté sur son Premier ministre, en l'occurrence Lionel Jospin. Ce n'est pas une petite affaire de surveillance aux portes des chambres à coucher, mais une organisation méthodique d'espionnage, d'intimidation et de déstabilisation d'opposants politiques au coeur du ministère de l'Intérieur, et donc de l'Etat.<o:p></o:p>

Je découvre que ma femme a été prise pour cible et que mes voyages ont été surveillés. C'est aussi hallucinant que scandaleux. Je commence à comprendre pourquoi l'étude de mon notaire a été cambriolée tout comme le local de la Convention pour la VIe République. Et pourquoi j'ai été obligé de changer de modèle de téléphone plusieurs fois en quelques mois. Je commence à comprendre également pourquoi mes multiples plaintes pour menaces de mort ne semblent jamais avoir vraiment intéressé les services de police...<o:p></o:p>

Le directeur des Renseignements généraux s'est intéressé à moi en tant que député de la majorité puis de l'opposition. Cela en raison sans doute du travail que j'avais accompli pour faire traduire Jacques Chirac devant la Haute Cour et de l'enquête que j'avais menée contre les paradis fiscaux où beaucoup d'argent provenant du RPR était entreposé, comme l'indique le juge Eric Halphen dans son ordonnance de renvoi dans le dossier des HLM de la Ville de Paris. C'est une affaire d'Etat qui porte une atteinte grave à la Constitution et-en ces temps de multiplication des fichages à l'exercice des libertés par les citoyens. Il faut qu'une commission d'enquête parlementaire fasse la lumière là-dessus. Je vais demander au groupe PS d'en faire une priorité. L'enjeu est d'éviter que de si graves dérives ne se reproduisent.

 

 

 

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